Une tortue à Vincennes

Publié le par Krylin

 Les 10 Km de Vincennes 2007

Ce matin, j’ai pas trop la forme. La nuit a été un peu courte, normal je ne me suis pas couché à l’heure voulu…. J’ai passé une très bonne soirée chez des amis mais résultat, j’me suis retrouvé au lit à 1h00 pour un réveil à 7h00….

 
Depuis samedi je sens comme un hématome au pied gauche et me dis que çà risque pas de donner grand-chose sur ce 10km….
 
J’arrive à me rendre au départ de la course avec, selon moi, pas mal d’avance (1h) et c’est déjà la course à la place… j’arrive à trouver une place de parking après avoir tourné pendant 1/2 heure… de quoi bien stresser.
 
Je me rends sur la ligne de départ au pas de course. Bon, c’est une expression hein…. Fô pas le prendre au pied de la lettre, mais fô dire que j’étais déjà un peu sous tension… ma femme me suit tant bien que mal en essayant de me calmer.
 
Déjà 10h25, il ne me reste pas grand-chose pour l’échauffement. J’avais décidé de courir en short et tee-shirt. On a eu droit à un magnifique soleil et un dimanche matin très éclairé… mais seulement 7° au thermomètre, donc ce sera collant et sweet sans oublier les gants….
 
Ce petit contretemps de parking était finalement un mal pour un bien, j’ai toujours les effets de la dernière séance dans les jambes… qu’importe, je me dis alors qu’on va prendre le temps de s’étirer consciencieusement… bien mal m’en a pris… je me vois déjà comprimé sur la ligne de départ…
 
Bon, plus que 5mn. Autour de moi, chacun discute de ses objectifs, d’autre sont pris de panique à la lecture du cardio (140 en étant sur place à attendre… que de stress). Tiens je jette un coup d’œil au mien : 89… bon çà va ! L’espace d’un instant, je me mets à penser que je n’aurai pas dû venir, que ma préparation n’est pas la bonne et que je risque d’être sacrement déçu par ma course, mon temps… ce qui ne sera vraiment pas le bienvenu pour le Semi de Paris. Néanmoins, ce 10km doit avant tout me permettre de pouvoir me situer par rapport au semi. Mon record d’il y a 4 mois est de 50’35… j’ai quand même un peu progressé depuis le mois de décembre et compte bien faire moins de 48’ avec l’objectif secret de faire 45’ d’ici à la fin de l’année. Je lève la tête au ciel, respire un bon coup et décide de ne pas me créer de soucis supplémentaires, on va prendre part à cette course, se faire plaisir et profiter de ce beau dimanche.
Quelques pas de recul, les élites viennent semble t-ils de prendre place sur la ligne de départ… quelques applaudissements pour les partants handisport et on lâche les chevaux…
 
Dès les premières foulées, je me dis que çà ne va pas… j’ai dû mal à trouver le souffle mais parvient tant bien que mal à bien négocier le premier virage… à gauche en guise d’entonnoir… et le slalom peut commencer… en essayant de me faufiler, je prends bien garde de ne pas donner trop d’à-coup… bon je prends l’option trottoir et tout de suite çà va mieux…
 
Petit virage à gauche, et nous rejoignons les concurrents qui étaient partis par le second sas…
Passage au premier kilo : 4’18
J’ai a ce moment une curieuse sensation, et çà va durer une bonne partie de la course, j’ai l’impression de traîner tellement je vois défiler du monde… et pourtant en zieutant mon cardio je suis pile dans l’allure que je m’étais promis de tenir : 13km/h (entre 4’30 et 4’35)…. même si là, je suis plus proche des 14km/h que des 13km/h
 
Une petite voix m’indique que je suis parti un peu trop vite et que je me suis laissé griser par les concurrents d’un niveau sensiblement supérieur au mien. Et çà dépasse toujours, je décide de rester tout de même à ce rythme en essayant de prendre la foulée d’un tel ou d’une telle… en vain… je passe le 5°km en 22’06 (alors que mon record sur 5000M, bien que datant de 4 mois, est de 22’02). Trop rapide, je t’ai dit, trop rapide… un coup d’œil au cardio : 184. bon pas de quoi s’affoler, c’est normal…. Je décide de tenir bon, ne pas baisser de régime et ne pas accélérer… bon cette seconde option de toute façon n’était pas ossible…
 
La première boucle se termine, juste le temps d’attraper un gobelet d’eau, trois gorgées absorbées plus tard, je me relance, et là je passe le 6°km avec cette ligne droite interminable… j’essaye de voir au loin, l’endroit où l’on prendra à droite… je ne vois aucune traînée humaine prendre à droite… non, c’est toujours une ligne droite…. Bon, ben je vais regarder mes chaussures en attendant que le temps passe…
 
Là, les choses commencent sérieusement à se gâter… j’ai le souffle court, le second souffle aux abonnés absents et un cardio qui est au delà de 190. Il est temps de ralentir ou ce 10km, je ne vais pas le finir… je prends donc un tempo de récupération et tombe à une allure de 4’40 qui a très vite fait de vouloir se transformer en 5’00 voir 5’10…. Helà… j’ai dis tempo récup et pas ballade… je m’efforce donc de maintenir une allure convenable en me disant que je pourrai tout lâcher progressivement sur les 2 derniers kilomètres…
 
Passage au 8°km : 36’42
Là, je tiens le bon bout en me disant qu’au pire, je peux faire les deux dernières bornes en 10mn… l’objectif sera atteint tout de même… avec la semaine que j’ai eu, faire moins de 47’ sera déjà une très bonne chose. J’allonge donc la foulée et prends celle d’une concurrente au passage. Je tente d’innover avec un troisième souffle, je me fixe de nouveaux objectifs tous les 100 mètres, « tu tiens jusqu’au poteaux »… « la même chose, jusqu’au virage »
« t’as passé la flamme rouge, moins d’1km à faire… et puis c’est rien 1km hein… »
 
En sortant du bois, je vois le panneau « Vincennes », j’esquisse un sourire et donne un coup d’accélérateur, j’aperçois l’arrivée sur la droite et accélère progressivement… je suis toujours la dame devant moi qui m’emmène dans un fauteuil… dernière ligne droite montante et je regarde le chrono officiel : [45 :0*] la minute s’égrène….
 
Arrgh, dernier coup de rein, je me dis que les 45’ sont pour aujourd’hui… pas pour demain, ni en fin d’année, c’est maintenant qu’il faut tout donner « allez mon gars que je me dis, t’as encore la nana devant toi » bon je sais, je sais… mais on s’encourage comme on peut…
 
Pu*** elle est longue cette ligne droite, en plus çà monte c’est insupportable… j’entend ma femme qui sur la gauche crie à s’en arracher les cordes vocales…
 
A dix mètres, j’accélère une dernière fois, ou lutte une dernière fois pour ne pas décélérer… et je passe sous la bannière bleue Asics en 46’ kekshose… j’arrête mon chrono et y jette un coup d’œil, la peur au ventre, ah non çà c’est la fatigue…. 45’39 !!!!! Objectif atteint et à confirmer par le temps réel de la puce !
 
Je marche et récupère le sourire aux lèvres… çà se bouscule pour faire enlever la puce, pô grâve : 45’39 !
 
Yen a certains, au ravitaillement, qui se sont cru au bistrot à tenir le zinc et à pas vouloir y bouger : faut se battre pour avoir un gobelet d’eau… un gobelet j’ai dis hein, pas une bouteille…. Pô grâve : 45 ’39 !
 
Je finis par m’étirer en me disant que oui, ce dimanche 4 février est vraiment un beau dimanche…
 
Prochaine course : le dimanche 11 mars pour le Semi Marathon de Paris !
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Publié dans Compétition

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