Semi Marathon de Paris 2007

La nuit n’a pas été bonne, voire très mauvaise. J’ai du dormir en tout et pour tout 4 heures. Et encore, si cela avait été d’un seul trait. Mais non, je fais des sessions d’1h ou 1h15 tout au plus. J’étais donc debout à 5h30… je comatais devant la télé tout en étant fatigué mais incapable de trouver le sommeil. J’abdiquais vers 6h30 et commençais à me préparer. La seule innovation de mon petit déjeuner fut le GATOSPORT. Un truc synthétique, chimique à souhait qui m’est resté sur l’estomac au moins une heure. Mais comme cela était indiqué, mon organisme l’a apparemment assimilé très vite car je n’en entendrai plus parler. Au contraire de la boisson d’attente qui m’a filé un mal de bide un peu avant le départ. Juste après être rentré dans le sas, je résolvais le problème en prenant de l’eau claire avec le gel tonifiant.

9h30
Après avoir rejoins trois autres compagnons de courses rencontrés sur le net (courseapied.net), je pénètre dans le sas bleu… c’est la première fois que j’expérimente ce mode de départ. Initialement, je m’étais inscrit dans le sas vert, celui qui correspondait à mon objectif de réaliser moins de deux heures. Et puis au fil de la préparation, je sentais que je pouvais faire largement moins d’1h50. Sous l’impulsion de Chmat et de Rodie (deux autres tortues du net), je saute le pas et prend le sas bleu (celui basé sur un temps d’1h40, alors que je pense pouvoir faire 1h47 ou 1h46 et en fin d’année 1h45) Mais bon, l’objectif avoué pour cette course est 1h45’00.
C’est plutôt bien foutu… dans ce sas et vu l’heure à laquelle nous y sommes rentré, on est à l’aise et pas comprimé les uns sur les autres. La tension monte, je suis un peu fébrile. Chmat le remarque et tente de me rassurer en me préconisant de surtout ralentir si çà part trop vite. Jepipote (une autre tortue) nous affirme que sa spéciale prépa n’est pas de bon augure pour la course. Nous sommes tous trois septiques : Ne minimiserait-il pas sa forme afin de claquer une perf ??? bref, nous plaisantons toujours et devisant sur le prochain programme de compétitions.
10h00
Top départ, les élites sont parti… reste à savoir dans combien de temps nous allons pouvoir passer la ligne. Devant nous : les sas élite, rouge et jaune… çà marche vite, puis çà footing (oh, on va pas commencer à courir alors que la ligne de départ n’a pas encore été franchie…) et puis non, çà remarche…
10h03
Et c’est parti pour le sas bleu, bah dis donc, on n’a pas trop traîné finalement. Tout de suite, Chmat, le métronome, prend les choses en main. Rodie lui emboîte le pas, Jepipote suit et je ferme la marche. Nous slalomant tant bien que mal et arrivons tout de même à trouver très rapidement notre rythme de croisière, vive le sas bleu ! Et quel rythme : 4’39 au premier kilo…. Euh.. j’avais prévu 4’50 ou 4’55 moi… Bon pas grâve, un coup d’œil au cardio : 81% tout va bien, donc on suit.
10h15
Nous sommes passé au 2° kilo en 4’53. Jusqu’içi rien de grâve, sauf qu’il y a maintenant un peu plus d’espace et que notre métronome à trouver la cadence… je veux rester dans une certaine aisance cardiaque et tout de suite en abordant ce troisième kilo, je perds 2, puis 3, puis 5 mètres sur les trois tortues. Là j’me dis : oh, accélère un peu, tu peux encore les suivre. Jepipote se retourne de temps en temps pour voir où je suis. A son troisième coup de tête, je lui indique que je ne peux pas les suivre, bonne course à vous les gars…
Et là, la course va être longue que j’me dis : t’es parti trop vite… j’suis déjà à 86% de FCm et on a pas fait 3 kilomètres… l’en reste 18 et des poussières… et les poussières sur un semi, elles comptent. Bon allez, tant pis, je me cale sur mon rythme et me cale aussi sur la ligne idéale, la ligne bleue.
Passage au 5°kilo : 24’22 (temps de passage attendu : 24’55 – 33 secondes d’avance)
Bon, là je vais bien, le cœur est à 83% et tout roule, çà va mieux, pour me consoler de ne pas être avec mes compatriotes tortues, je me dis que je me suis raisonné à temps… on pousse jusqu’au 10eme et on voit…
Passage au 10° Kilo : 48’20 (temps de passage attendu : 49’50 – 1’30 d’avance)
Oula çà va vite, les jambes sont un peu lourdes, le cœur à 86% mais çà va… si je tiens, j’suis sur un rythme d’1h42… eh eh eh…. Pas si mal. Mais je ne me sens pas d’accélérer non plus, donc on reste en stand by…
Passage au 15° Kilo : 1’13’38 (temps de passage attendu : 1’14’48 – 1’07 d’avance)
Grosse alerte au 12° kilomètre, un point de coté veut faire son apparition. Je lui ai claqué la porte au nez à grands coups de respiration. Prise maximale d’oxygène et étirements de la cage thoracique… Bon çà va, plus de peur que de mal… Et puis vlà que j’entends des encouragements : « Est-ce que vous êtes fatigués » certains répondent : « Non, on est pas fatigué ! » euh si un peu quand même ? Ce sont les meneurs d’allures à 1h40 : les ballons bleus, qui fondent sur moi. Je jette un coup d’œil, l’allure est vive et ils sont bien entourés… On est juste après le 13° kilo… inutile de tenter de les accrocher, c’est peine perdue et puis ce serait mettre en péril ma fin de course. Cette tranche de 5 kilomètres est décidément riche en événements… vlà-tipa qu’une crampe pointe du nez sur ma jambe droite… je m’entends encore dire : « non s’il te plait, pas maintenant, allez on tient… avec moi ». Vivement les ravitos du 15° que je puisse boire un peu.
Passage au 20° Kilo : 1’38’19 (temps de passage attendu : 1’39’40 – 1’21 d’avance)
Là, çà marche à la motivation… je me fixe comme objectif le prochain kilo, à chaque fois et le nombre de personnes que je double me boost encore plus. Bon en fait, j’ai juste la force de lutter pour ne pas ralentir car j’ai encore conscience de ne pas vraiment accélérer. Voilà le 19° Kilo avec les photographes… je prends la pause, fait quelques signes et accélère de plus bel… plus que 10mn au grand maximum à tenir… et puis c’est quoi dix minutes ???
En passant au 20°, je me dis que mon contrat et d’ors et déjà rempli… mis à part les tentatives de crampes que je parviens tant bien que mal à gérer, il ne peut plus rien m’arriver. Alors, je donne tout, on accélérant progressivement… si si, je vous assure. Il est long ce dernier kilomètre, d’autant plus qu’il y a 100M de plus… En point de mire, le château…Je cherche désespérément le panneau des 400 derniers mètres, ou celui des 200M, peu importe… il n’y en a pas, j’aperçois enfin la ligne après un léger virage à gauche, dis donc, je pouvais chercher la banderole….
Arrivée : 21,1 KM
Je coupe la ligne en plein sprint, en levant la main. Oui, le speaker demandait à ceux qui finissaient là leur premier semi de bien vouloir faire signe à l’assistance ?
Temps final : 1H43’08
Au final, superbe course. Pleins de souvenirs et pleins d’espoirs pour la suite. Je visais 1h45 à faire cette année, quelque soit la période, mais je situais cela plus au semi de Boulogne Billancourt. C’est d’ors et déjà fait….