Semi Marathon International de Boulogne Billancourt 2008

Ma préférence à moi
Après ma déception, certes toute relative, des 20km de Paris, l’objectif du jour était clair : « relever la tête ».
Ce semi, je l’ai placé dans la perspective du Marathon de Paris. J’aurai pour objectif de le faire en moins de 3h30. Et pour cela, il faut avoir une référence sur semi marathon qui permet de rendre cet objectif réalisable.
Et là, le calcul est plutôt simple, il suffit de doubler la distance et de prendre en compte un coefficient de fatigue. De façon générale, ce coefficient équivaut à une perte comprise entre 10% et 20% du temps réalisé sur semi soit 2,1 ou 2,2.
Ce qui donne : temps semi marathon x 2,2 (tablons large) et pour faire 3h30, il faut faire 1h35 !
Objectif du jour donc : 1h35'
Et secrètement, je ne souhaite pas finir en 1h35, non l’objectif c’est 1h35’00
Problème, aux 20km de Paris, j’avais terminé en 1h32’16. En extrapolant ce temps sur Semi, çà donne 1h36 voire 1h37 en cas de gros coup de pompe…
Mais voilà, aux 20km de Paris, je n’y étais pas. Cette fois, je compte bien me rentrer dedans et serrer les dents quand il le faudra.
Et serrer les dents, j’ai commencé dès le matin de la course, en fait en pleine nuit. La pasta de la veille avec la communauté CLM s’est très bien déroulée, mais mon choix de pâtes n’a pas été très judicieux.
Entre violente crise de diarrhée et vomissements, ma nuit a été des plus courte et très agitée. De toute façon, çà fait trois jours que je dors peu… va vraiment falloir que j’apprenne à gérer ces nuits de sommeil pré-compétition.
Envolé le glycogène du matin… quoi que j’étais déjà au régime pâte depuis jeudi, même si je n’ai pas suivi une alimentation des plus stricte cette dernière semaine.
Qu’importe, j’arrive sur la ligne l’esprit léger, les yeux pleins de sommeil, mais le stress me tient en éveil.
Le semi Marathon de Boulogne Billancourt est classé comme 2nd semi marathon de France. Sûrement pas par le nombre de participants, nous étions un peu moins de 4000, mais peut être à la performance. L’organisation est aux petits ognons. Le retrait de dossard se fait sans soucis, consigne, vestiaires, bref l’essentiel est là.
Sur la ligne de départ, je rejoins mes compagnons CLM. Nous sommes trois à avoir le même objectif, 1h35. Allure prévue : 4’28/kilo pour un chouille en dessous de 1h35…
Coté météo, nous sommes accueillis par une léger crachin. Rien de bien méchant. L’essentiel est qu’il n’y ait pas de vent. Le mercure lui, affiche 12°. Température idéale…
On annonce un parcours plat et très roulant. Ici on vient chercher la perf, çà tombe bien. Question paysage, bof bof… mais je ne suis pas venu pour çà.
Coup de feu, et c’est parti… enfin presque… nous ne sommes que 4000 mais je mettrai presque 1 minute à franchir la ligne.

1er kilomètre chaotique
Sans perdre de temps, je me mets dans l’allure cible : 13,4km/h. Une fois atteinte, je tente de verrouiller mon garmin et là, première fausse manœuvre… j’arrête le chrono. Pris de panique, je m’enmèle encore plus les pinceaux mais réussi tout de même à remettre le temps en marche… pour quelques instant car ma seconde tentative à de verrouillage a produit le même effet : arrêt du chrono. Fais ch***. C’est fois je m’en sors mieux. Mais dans cette histoire, j’aurai bien 15 à 20 secondes qu’il faudra que je tienne compte dans mes temps de passage.
Allez on est reparti…. Musique maestro. Pour la première fois, j’ai choisi de courir en musique avec mon IPod. Je sais que çà va faire mal, dans histoire de penser à autre chose et d’avancer en cadence, je vais courir au tempo. Mais là encore, nouvelle fausse manip… je ne sais pas comment, mais mon IPod s’est retrouvé au sol après un dépassement mal négocié.
Une seconde d’hésitation… pas le choix, je dois faire demi-tour et récupérer mon bien. J’évite un carambolage et par chance, Mon juke-box ne s’est pas fait piétiné.
Plus de peur que de mal, mais combien de secondes ais-je encore perdu dans cette affaire…
Km5 : 22’35 – 5 secondes de retard
Je suis un peu en retard mais je me sens bien. Les jambes tournent bien et malgré une légère fatigue, tous les indicateurs sont au vert. Niveau mental, l’humeur est au beau fixe…
Km10 : 45’01 – 1 seconde de retard
Je passe le 10ème kilo avec un sourire aux lèvres. Un coup d’œil au chrono et j’en rigole encore. Un peu moins et je passais en moins de 45’. Dire qu’il n’y a pas si longtemps, çà correspondant à mon niveau sur… 10kilo
Km15 : 1’07’23 – 7 secondes d’avance
Le parcours est composé de deux boucles. Au bout de la première, il faut faire un demi tour assez sévère pour la relance, peu après le Km11. Je passe le Km13 en 58’ toujours un sourire aux lèvres, mais les jambes se font lourdes, la respiration plus marquée. Pas de doute, la course commence. Je serre les dents, appuis sur chaque foulée et mets en route ma seconde playlist.
Km20 : 1’29’59 – 1 seconde d’avance
Yes… c’est ma revanche sur les 20km de Paris. Je savais que j’avais ce chrono d’1h30 dans les jambes. Depuis le Km 17, je souffre. Il me faut relancer constamment. Justement ce 20ème kilomètre est un vrai calvaire. On annonce le parcours plat et roulant. Globalement c’est le cas, sauf à l’approche des ponts où les toboggans casse patte se succèdent. Ce passage, je l’avale à allure constante, j’ai mal, mais serre les dents. J’ai retenu mon erreur des 20km de Paris. Pas le moment de flancher.
Je finis au train. Pour descendre sous les 1h35, çà va se jouer à la seconde. Je ne pourrai pas accélérer comme j’en ai pris l’habitude sur les 500 derniers mètres. Çà fait déjà 5 ou 6 bornes que je gère un début de crampe au mollet gauche. Changer de braquet aurait raison de 20 kilomètres rondement menés. Alors, j’assure le train, et passe la ligne, comme s’il restait encore 1 ou 2 kilomètres à faire en 1h35’42…. Temps officiel.
Parce qu’en temps réel, j’ai bouclé ce semi en 1h34’58. Oui, sous cette fameuse 35ème minute de la deuxième heure de course.
1h34’58… ma nouvelle marque de référence sur semi. Celle qui m’ouvre le premier sas préférentiel de mon prochain semi, celui de Paris, ma préférence à moi.