MDP 09 : Autopsie
J’ai mis un peu de temps à récupérer de mon premier marathon. Pas tant physiquement… finalement, çà n’a été pénible que 2 jours. Surtout le lundi, le lendemain… Difficile les marches, les escaliers, surtout à descendre, mais dès le mercredi çà allait déjà mieux.
Le samedi, j’étais opérationnel pour une bonne partie de tennis… une bonne occasion de penser à autre chose, de passer à autre chose. Finalement, la durée de ma récupération aura été plus psychologique que physique. Malgré de nombreux messages d’encouragement et/ou de félicitation, la pilule a eu du mal à passer… je suis donc passer à autre chose, laissé le temps au temps et hier soir, l’envie de gambader librement ma repris, tout naturellement.
Sans parler d’un retour aux affaires, je pense avoir maintenant assez de recul pour un faire la juste part des choses, une sorte de bilan.
Même si ma première motivation et donc le premier objectif était de réussir à faire un marathon, il faut bien admettre que je suis passé à coté de mon premier marathon. Retour sur les raisons d’un échec programmé :

1/ Les erreurs liées à l’entraînement
- J’ai fais 10 grosses semaines de foncier entre décembre et début février à raison de 5 séances par semaine. Je n’ai pas fait de coupure entre cette préparation et la préparation spécifique du marathon. Assurément, c’est la grosse explication du surentraînement.
- 5 séances par semaine… mouais, au début çà passait bien, puis après la fatigue s’est accumulée sans laisser le temps nécessaire à la surcompensation. Bref j’ai poussé mon organisme dans ses limites…
- La preuve en est : j’ai atteint mon pic de forme au Semi de Paris alors que ce n’était clairement pas l’objectif…
- Un manque d’implication dans les 2 dernières semaines fatidiques. C’est limite si j’avais toujours envie de le courir. D’où une relâche au niveau de l’alimentation juste au moment où il ne faut pas : la dernière semaine…
2/ Les erreurs liées à une mauvaise gestion de la préparation spécifique
- Je crois que les fondations du mur se retrouvent dans une mauvaise sélection de l’allure d’entraînement. Je suis resté au calcul théorique et à mon potentiel estimé à partir du semi de Paris. 4’35, assurément bien trop rapide.
- Une répartition de la charge de travail très mal répartie et avec un kilométrage hebdomadaire bien trop élevé eu égard à mes prétentions chronométriques. Des semaines à près de 100km…
- Un manque de foncier du à des sorties longues… pas assez longues. Seulement 2h15 pour la plus longue. Et encore, je dois aussi rajouter : Pas assez de sortie longue. Avec mes soucis de genou (du à un surcharge de travail), je n’ai pu réalisé qu’une seule vraie sortie de plus de 2h… là encore, pas de surprise
- Sortie au seuil à J-8 trop rapprochée du marathon. Il aurait fallu 10 bons jours de récupération
- Hydratation et étirements en voie de disparition… pas assez bu, étirements sporadiques, pas étonnant que ma cuisse ait failli me lâcher.
3/ Les erreurs liées à une mauvaise gestion de course
- Un gros manque de sommeil depuis 3 jours, une sortie entre amis à 3 jours de l’objectif où j’ai pris un bon coup de froid… sans commentaire
- Départ trop rapide… en fait non, rythme de course trop élevé. J’aurai du sagement resté avec les ballons bleus, mais avec des si….
- Je n’ai pas assez bu aux ravitos, à peine la moitié de la bouteille. Aurais-je du descendre les 50cl… en plus j’ai pas du tout pris de solide… de quoi épuiser très rapidement mon stock de glycogène.
Je crois que la synthèse de mes erreurs se caractérise par le surentraînement. En temps normal, la progression se fait par surcompensation. C'est-à-dire que la récupération entre 2 séances laisse le temps aux qualités développées d’être assimilées afin de pouvoir les optimiser lors de la séance suivante. Mais avec un délai de récupération inadapté et/ou dans mon cas, de forte contraintes socioprofessionnelles, il se peut que la fatigue engendrée par des séances mal programmées entraîne non pas une progression, mais une régression, au mieux une stagnation accompagnée de risque de blessure. Une sollicitation de l’organisme lors d’une récupération incomplète est à la base de mon échec : le surentraînement.
Concrètement, cela s’est caractérisé par :
- baisse des allures à l’entraînement
- récupération cardiaque et musculaire plus longue
- trouble du sommeil
- perturbation du régime alimentaire : boulimie
- manque de motivation
- difficulté de concentration.
Bref, un ensemble de petite chose qui additionnées, ont alourdi la note d’1/2 heure. Mais çà aurait pu être pire… j’en ai connu un qui était parti pour 3h15 et qui a fini en 4h22.
Alors maintenant ?
Bah, je reprends tout doucement, avec quelques kilos en trop mais une envie retrouvé. Ce n’est pas encore la grande motivation, mais çà va revenir… j’aurai un 10km de repris le 17 mai, puis un réel objectif pour la course du Château de Vincennes, voire une seconde tentative pour les 10km de Suresnes. Après, bah on verra… j’ai le temps d’ici le 4 octobre, date du Marathon de Cologne.